C'est dans ce genre de mensonges qu'on s'abime. On sublime un corps, on se l'approprie. On apprécie le goût sucré des lèvres, et les frissons qu'elles laissent à côté du nombril. On devrait plutôt se méfier de l'amour. Il est hypocrite, il est laid. Il nous laisse croire à des choses, il nous laisse imaginer que le meilleur reste à venir, alors que le pire est déjà devant nous. On est tous au bord du gouffre, le tout est de savoir s'arrêter au bon moment pour ne pas basculer. On appelle ça « le pas de trop », c'est un peu le même concept que pour l'alcool. Vous savez, ce qu'on raconte aux jeunes pour les prévenir avant une grosse soirée, leur dire de connaître leurs limites et tout ce qui s'en suis. Ne pas boire « le verre de trop » qui peut changer le cour d'une soirée. Le cour d'une vie. Et bien avec l'amour c'est la même, il faut savoir garder les pieds sur terre, au risque de tomber. Mais quoi qu'il en soit, même pour les plus prudents il est difficile de l'éviter. L'amour. C'est comme marcher sur du verglas, c'est trop dur de pas s'effondrer. Moi j'ai beau chercher, retourner la question dans tout les sens, l'amour n'est pas heureux. A trop marcher sur la glace on se casse la gueule. Les ongles craquent sur les dos des amants, on se blesse à jouer avec ces sentiment, ceux qui se promènent dans les hormones. C'est si bon de se sentir désiré. C'est encore meilleur de se sentir aimé. Même si ce n'est qu'une journée, qu'un instant. Mais quand tout fou le camp et qu'il ne reste rien, quand j`me retrouve seule dans le noir, enroulée dans des draps de désespoir. Quand je ne perçois plus les détails de son visage, mes yeux noyés par les larmes. Quand j'ai sur la peau pour couvrir mes cicatrices que l'absence et le silence, quand mon coeur se ressert. Quand je suis seule et vide, quand j'espère ton retour, J`me rend compte que rien ne peut te remplacer. Pas même un hurlement. Pourtant, nombreuses sont les fois où ma gorge a failli en finir. On appelle ça une brisure émotionnelle, un amas de sentiment plus proche d'un dégueuli que d'un bouquet de roses. Alors je crois qu'à ce moment là, il faut savoir abandonner. Savoir dire « c'est bon je pars, mon corps ne tient plus et le tien ne m'aide pas davantage ». Il faut savoir dire oui à la mélancolie et aux coups de couteaux dans le coeur. Savoir encaisser et garder sa rancoeur. Au plus profond de soi voir mal, mais fermer sa gueule, baisser les yeux, retenir ses larmes et bloquer ses souvenirs. Ne plus penser à toi, ne plus penser à nous. A ce que nous étions, à ce qu'on aurait été. Ne plus penser du tout. Et puis se dire que de toute façon ; que je parte ou que je reste, je préfère être là première à le faire. J'aime mieux avoir le rôle de la méchante. Je n'aurais pas supporté que tu m'abandonnes comme ça, pour une autre que moi. Je le sais, tu allais finir par me quitter pour une âme plus fraîche ou pour l'épaule d'une inconnue. Tu aurais eu d'un coup envie de voir une autre mer, bouffer une autre herbe, t'enfoncer dans un autre ventre. Tu aurais désiré cette brune qui te regarde du coin de l'½il, ou cette blonde qui t'fais penser à moi. Cette blonde qui elle est près de toi. Alors tu vois, moi je n'avais pas envie de subir ça.